Que ça valait la peine de se perdre dans les méandres des routes cabossées condrusiennes pour rejoindre la jolie église de Les Avins samedi soir ! Showstar s’était mué en ensemble, le Silicon Ballet. Le groupe hutois accueillait d’autres musiciens, d’autres horizons : violons et violoncelles, claviers, vidéastes, photographes,… Un ensemble souple qui a planché pendant quinze jours sur le thème de la biennale de la photographie en Condroz : l’utopie. « Si loin si proche » a proposé au groupe un utopic side project et une résidence d’artistes pour l’enregistrement d’un disque de quatre titres. Le groupe a fait un appel pour le financement : comme une collecte où chacun pouvait, via internet, apporter sa contribution. Les frais étaient multiples : location d’un studio d’enregistrement mobile, mixage et pressage de l’EP,… Les fidèles ont répondu présent en finançant 105 % du projet, soit 1 580 €.

L’église de Les Avins était sans conteste l’écrin rêvé, presque comme une évidence, pour laisser éclore ce projet porté par les douze musiciens du Silicon Ballet. Résultat : de nouvelles compositions, un univers retravaillé et, surtout, ce pur moment de grâce de samedi soir.

Ils ont démarré fort avec un rythme entêtant, une longue introduction aux accents dramatiques portée par l’acoustique de l’église. Le public s’est approché, les enfants au premier rang se sont tus, les corps ont été happés par le chœur. Deux titres hyper connus de Showstar ont suivi, difficile en effet de tenir un concert entier avec quatre compositions même « commandées » par le centre culturel de Marchin.

Mais la magie ne les a pas quittés et le groupe a réussi a formé un tout cohérent. Christophe Danthinne, en prêtre habité, a fait vivre le projet. Les violons et violoncelle sont venus donner leur profondeur aux morceaux. La musique prenait tantôt une mélancolique profondeur, tantôt s’envolait gracieusement sur leurs cordes. Chaque instrument avait sa place, rien n’est apparu comme un « gadget » artificiel. Les différents niveaux d’harmonie ont emporté une assemblée conquise pendant une bonne heure de messe.

L’état de grâce total est venu un peu par surprise. La troupe d’enfants assis sagement devant la scène a commencé à reprendre la mélodie du dernier morceau. Christophe Danthinne a laissé son charisme glacé se réchauffer pour inciter ce chœur improvisé à donner de la voix. Les petits participants ne se sont pas fait prier, offrant au morceau un relief inespéré d’une beauté incroyable. Ces enfants participaient au trekking organisé par Marchin : ils ont fait à pied le parcours de la biennale photographique avant de faire preuve d’un talent fou de manière impromptue. Superbe ! Samedi soir, Showstar a montré une autre facette de son indéniable talent… Silicon Ballet est décidément une affaire à suivre."

(L'AVENIR - 29.08.11)